MOODY BLUES – Nights in White Satin (13)

https://e.snmc.io/lk/o/l/e8a6c4acfe654150abdb57ce55da7442/4466911.jpg

1968 – Mai 68 et les CHANSONS MARQUANTES de l’ANNÉE (13)

J’ai un peu triché l’an dernier en postant cette chanson dans « Summer of Love 1967 » (15). Bien qu’on l’entendait déjà pas mal à Noël 1967, c’est seulement entre février et juin 1968 que cette chanson aura été le plus diffusée sur les ondes française avec une place de N° 1 au hit-parade en plein cœur du printemps juste avant Mai 68. De plus, en France, le 45 tours n’est sorti qu’en janvier 1968.
Pour une fois, la France a fait exception en adulant cette chanson car au Royaume-Uni, le titre ne se contentera que d’une modeste 19e place début 1968, puis 9e en réédition 1972 et 14e en seconde réédition en 1979… Ce demi-échec ressemble à un sentiment de frustration dans le pays hôte… Aux USA, la réédition de 1972 s’est classée à la seconde place du Billboard… Il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Le 10 novembre 1967 sortait en Angleterre un morceau des Moody Blues qui deviendra un énorme tube durant le printemps 1968. Non seulement la mélodie est extraordinaire mais le morceau était novateur dans le sens où il utilisait un instrument à clavier appelé le mellotron censé reproduire l’orchestre symphonique à l’aide de bandes pré-enregistrées tournant en boucle.
Une touche correspondait à un instrument ou un groupe d’instruments. Tombé en désuétude malgré le côté magique des sons planants, le mellotron revient avec le groupe Radiohead à la fin des années 90. La numérisation des bandes d’origine a permis d’inclure le son du mellotron dans le synthétiseur avec les dysfonctionnements mécaniques en moins… « Nights in White Satin » restera dans les mémoires comme le grand succès ayant précédé les évènement de Mai 68.

Les ROLLING STONES – « She’s a Rainbow » (12)

http://images.45cat.com/the-rolling-stones-2000-light-years-from-home-decca-2.jpg

1968 – Mai 68 et les CHANSONS MARQUANTES de l’ANNÉE (12)

Bien que sorti le 23 décembre 1967, « She a Rainbow » doit être considéré comme un tube de 1968… Comment pouvait-il en être autrement ?
Cette chanson aux sonorités étranges typiquement psychédéliques alterne des phrases musicales de piano dans le registre aigu avec des phases nettement plus rock avec des sonorités quelques peu baroques qu’on retrouve également dans la musique des Beatles de l’époque. Certains aficionados du groupe détestent cette chanson… on se demande bien pourquoi car elle a une belle saveur innovante par rapport au répertoire habituel du groupe. L’album dont est issu ce single « Their Satanic Majesties Request » (8 décembre 1967) est tout aussi étrange ; c’est une sorte de réplique au « Sgt Pepper’s… » des Beatles sorti 6 mois plus tôt. Au fil du temps, cette parenthèse psychédélique stonienne semble gagner de plus en plus d’adeptes…
On a beaucoup entendu « She’s a Rainbow » au printemps 1968.

The ZOMBIES – Time of the Season (11)

https://e.snmc.io/lk/o/l/c48cd87bdfcb68cef500c6c7f431a19d/4498431.jpg

 

1968 – Mai 68 et les CHANSONS MARQUANTES de l’ANNÉE (11)

Cette chanson que tout le monde connaît… ou presque, sans savoir qui chante et d’où elle vient a une bien curieuse histoire.
Bon, c’est vrai OK, là je triche un peu car elle a cartonné début 1969, soit près d’un an après la dissolution du groupe, les Zombies. Cependant le single est bien sorti en mars 1968 mais avait du mal à décoller ; d’autres singles de l’excellent album « Odessey & Oracles » avaient également été éditées sans le moindre impact commercial. Le titre grimpe jusqu’à la 3ème place du Billboard aux USA et même N° 1 au Canada !
Depuis, ce titre au rythme chaloupé grâce à une batterie très présente et à la voix chaude de Colin Blunstone est régulièrement repris dans des films, séries TV, spots publicitaires pour des grandes marques, documentaires ou que sais-je encore… si bien qu’on l’a dans l’oreille sans pouvoir vraiment l’identifier. Il symbolise le mouvement psychédélique de la fin des années 60.

Julie LONDON – Cry Me a Rive (1955)

https://e.snmc.io/lk/o/l/e5a23a98a60400c30fff4be0d46c09e2/1460853.jpg

Julie London

Cry Me a River (1955) [EP]


Julie London (1926-2000), était d’abord actrice de cinéma avant de devenir chanteuse. Alors qu’elle faisait ses études à l’Université d’Hollywood, elle est découverte par l’agent Sue Carol, la femme de l’acteur Alan Ladd. Elle apparaît dans son 1er film Nabonga en 1944.
Sa première apparition de chanteuse se fait au 881 Club.
C’est un camarade de classe Arthur Hamilton qui lui composa « Cry Me A River » alors qu’un autre camarade de classe, Jack Wagner était DJ au KHJ à Hollywood. Il était impressionné par sa sensualité et son talent de chanteuse à l’époque où ils étudiaient ensemble.
Elle enregistre « Cry Me A River » seulement accompagnée de Barney Kessel à la guitare et de Ray Leatherwood à la contrebasse. Le résultat est un pure merveille de sensualité et de magie. Le titre ne se classe qu’à la 9ème place du Billboard en 1955 et seulement 22ème en Angleterre 2 ans plus tard. Cepdendant son 1er album Julie Is Her Name se classe second aux USA.
Elle ré-enregistre le titre « Live » en 1956 pour le film de Jayne Mansfield The Girl Can’t Help It.
Elle se marie avec Jack Webb jusqu’en 1953 puis Bobby Troup qui n’est autre que le créateur de « Route 66 » titre d’abord enregistré par Nat King Cole en 1946 puis par les Rolling Stones en 1964. Jusqu’à sa mort en 1999, il restera marié à Julie.
Depuis, « Cry Me A River » va devenir la hantise de plusieurs centaines d’artistes qui vont reprendre cette chanson. Ella Fitzgerald en 1961 en fait une excellente version plus jazz. Dexter Gordon (1955), Shirley Bassey (1957), Ray Charles (1964), Joe Cocker (15ème aux USA en 1970), Joan Baez (1977), Diana Krall (2001), et Viktor Lazlo en français en 1986 (Pleurer des rivières)… et même Björk ! pour ne citer que quelques grands noms de la musique tous genres confondus.
Julie London est surtout connue pour ses pochettes d’albums sexy mais a tout de même été nommée parmi les meilleures chanteuses en 1955, 1956 et 1957 par le Billboard. Malgré 32 albums durant toute sa carrière, « Cry Me A River » restera son seul simple classé dans les hit-parades, ce qui la ramène plutôt au rang d’une One Hit Wonder.
Victime d’une attaque en 1995, Julie London décède le 18 octobre 2000.
« Cry Me A River » passe ainsi le seuil du demi-siècle en 2005 et sa version mythique n’a pas fini de faire rêver les plus grandes pointures musicales du monde entier.

Écoute
Cry Me a River